Présentation de l'éditeur
C'est " un mythe ", proclamait Fellini. Héritière de plus de deux mille ans d'histoire païenne et chrétienne, Rome est une ville au charme ensorceleur : à l'ombre de ses ruines, de ses
palais, de ses places et de ses églises millénaires, l'homme a enfoui son plus précieux savoir. Mais cette reine de l'univers ne cesse, depuis Romulus, de cacher de troublants secrets. Mamma
Roma peut se révéler, comme la louve de Tite-Live, venimeuse et cruelle... Ce livre lève un coin du voile sur ces mystères en nous plongeant au coeur de la Rome vivante : des palais de
l'aristocratie " noire " au ghetto, des monastères dérobés aux borgate populaires, Jacques de Saint Victor nous conduit en des lieux méconnus qu'il arpente depuis plus de vingt ans. Une
promenade dans les splendeurs et les misères de Rome, ses héros et ses bandits, ses saints et ses prêtres corrompus, ses ragazzi et ses tifosi. De la Dolce Vita à aujourd'hui, en passant par
les " années de plomb ", le lecteur se fraye un chemin partout où planent des ombres étranges, comme dans un vrai Romanzo Criminale où s'entremêlent le crime et le pouvoir, le profane et le
sacré. Une façon de mieux comprendre ce que Du Bellay appelait déjà " le démon romain ".
Le 24 août 410, les Wisigoths emmenés par Alaric entrèrent dans Rome et la mirent à sac. Mille six cents ans plus tard, des tour-opérateurs
britanniques proposent à leurs clients de refaire le trajet d'Alaric ! Ainsi va la vie de la Ville, l'Urbs qui osa se proclamer éternelle et à laquelle on revient toujours. Cette anecdote et
des dizaines d'autres font le charme du Roman de la Rome insolite de Jacques de Saint Victor, écrivain, critique au Figaro littéraire et amoureux de Rome, "notre vieille
mamma à tous".
"Faut-il donc toujours écrire sur Rome ?" se demandait l'éminent latiniste Pierre Grimal avant de répondre que la tentation était
"irrésistible"(1). Jacques de Saint Victor a voulu montrer autre chose que les splendeurs séculaires de la ville : ses beautés et ses laideurs secrètes. Il nous emmène donc dans une Rome
moderne, mystérieuse, un paradis infesté de brigands que le voyageur ignore, accablé qu'il est par les injonctions d'un tourisme culturel épuisant.
Le démon romain
La Rome de Saint Victor, c'est celle du cinéma, de Vacances romaines de Wyler à Caro Diario de Moretti, sans oublier les
illustres de la comédie à l'italienne, ni Pasolini, ni le maître Fellini. Cap donc sur des quartiers peu visités (la Garbatela) ou la Via Veneto, où le premier paparazzo , Tazio Secchiaroli,
fut, en 1958, roué de coups par le roi Farouk. Si le Trastevere n'est plus ce qu'il était, il suffit de rôder un peu pour retrouver la Rome de nos rêves enchantés. Loin des délices de l'île
Tibérine, il est d'autres Rome que Saint Victor dévoile : celle des folies fascistes, des massacres, des "couvents pas très catholiques", des spéculations immobilières, celle des années de
plomb, de l'assassinat d'Aldo Moro, celle de la bande de la Magliana immortalisée par Romanzo criminale, celle de la Mafia. On y croise aussi des tifosi qui vouent un culte
quasi païen au calcio(le football). Vieille histoire, puisque déjà Pline le Jeune (61-114 ) s'étonnait qu'on puisse s'étriper pour une tunique.
De la grotte de Romulus aux palais de l'aristocratie "noire" (fidèle au pape), il s'agit pour l'auteur de cerner ce que Du Bellay nommait
"le démon romain", cet esprit propre aux lieux où tout a toujours déjà existé. Sa conclusion ? Même si la mamma au fil des millénaires s'est couverte de cicatrices et de pustules,
son sourire demeure, un rien cynique, follement attachant. Et c'est bien là l'essentiel.
Biographie de l'auteur
Jacques de Saint Victor, écrivain, universitaire et critique au Figaro littéraire, est un passionné de Rome et de l'Italie ô laquelle il a déjà consacré plusieurs travaux, dont Le Roman de
l'Italie insolite (Le Rocher. 2007).Il enseigne à l'université de Paris VIII et à l'université de Rome III.
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH