Vingt-septième aventure pour Alix en octobre, dessinée par Christophe Simon et scénarisée par Patrick Weber d’après un synopsis de Jacques
Martin. Un album qui renoue avec la veine égyptienne de la série. Explications avec Patrick Weber.
Castermag’ : Ce n’est pas votre première contribution à l’univers d’Alix ?
PATRICK
WEBER: J’étais en effet intervenu sur le scénario de
L’Ibère, mais cela s’est passé
de façon très différente avec Le Démon du
Pharos, même si nous sommes partis, comme à l’accoutumée, d’un synopsis élaboré par Jacques Martin. D’abord, l’album est publié dans
le cadre du soixantième anniversaire d’Alix et puis, nous avons voulu une histoire à grand spectacle pour renouer avec la tradition péplum très présente dans la série. Si L’Ibère se déroulait dans la campagne, le décor est
ici urbain et correspond davantage à des réminiscences du cinéma hollywoodien des années 1960. Enfin, Christophe Simon aime beaucoup travailler sur les architectures et, à ce titre, je crois qu’il est comblé.
Pourquoi Alexandrie comme décor central ?
C’est une ville fascinante, aux confluents de différentes cultures. Il faut dire que l’Égypte ptolémaïque m’a toujours passionné, notamment
quand j’étais étudiant en histoire de l’art, ainsi que le personnage de Cléopâtre.
C’est son grand retour dans la série ?
Oui. Cléopâtre a souvent été malmenée par l’Histoire, parce que l’Histoire a été écrite par des hommes et qu’ils n’aiment guère les femmes
de caractère – ce que Cléopâtre était vraiment. Cependant, le scénario met surtout l’accent sur les luttes familiales qui ont, durant cette période, considérablement affaibli la dynastie des
Ptolémées, ainsi que l’Égypte. Je voulais aussi montrer que la politique ne date pas d’aujourd’- hui, ni d’hier.
Le vrai héros de cet épisode ne serait-il pas plutôt le phare ?
C’est effectivement le grand personnage, si je puis dire. Paradoxalement, on connaît souvent mieux l’Égypte de l’Ancien Empire ou du Nouvel
Empire que l’Égypte de l’époque d’Alexandrie, plus proche de nous. La ville a été fondée par Alexandre lors de son passage, au IIIe siècle avant J-C, et elle est à son firmament quand César
débarque, dans la moitié du premier siècle avant J-C. Elle est restée une grande ville, reconstruite, et très difficile à fouiller par les archéologues. On sait relativement peu de choses sur
le phare, sinon que c’était une merveille architecturale mais aussi une prouesse technique, qui donnait son prestige à la ville. C’est d’ailleurs le point de départ de l’histoire: qui possède
le phare, influence la ville d’Alexandrie et, au-delà, l’Égypte entière.
PATRICK WEBER DEDICACERA SON LIVRE LE SAMEDI 22 MAI 2010 A PARTIR DE 15H00 A LA LIBRAIRIE-PRESSE DE
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