Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 16:53

Condamnation du maire gifleur: La France est-elle devenue allergique à l'autorité ?

Le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe dans le Nord a infligé vendredi 1000 euros d'amende avec sursis à Maurice Boisart, maire de Cousolre, pour avoir giflé un adolescent en août 2010. Pour le philosophe Bertrand Vergely, c'est une dérive de la société française, qui n'ose plus éduquer. 

Rue de Cousolre, commune où l'adolescent a été giflé.

Rue de Cousolre, commune où l'adolescent a été giflé. Crédit DR/Chatsam

Atlantico: Pour vous, que signifie cette décision de justice où le maire de Cousolre a été condamné à 1000 euros d'amende pour avoir giflé un garçon de 15 ans ?

Bertrand Vergely: Cette décision de justice est lamentable. Elle signifie la victoire de l'idéologie dominante actuellement en Europe, qui considère qu'un père qui met une paire de baffes à ses enfants peut être traîné en justice pour des raisons de châtiments corporels. C'est le monde à l'envers. La société n'ose plus éduquer. Le discours idéologique anglo-saxon est en train de prendre le pouvoir, considérant qu'il ne faut absolument pas traumatiser l'enfant. Cela devient une sorte de phobie de la violence. Je pense que l'on est dans ce que Alain Minc avait appelé l'ivresse démocratique, où on n'ose plus critiquer quelqu'un, on n'ose plus rentrer dans le lard. Ce gamin qui a été giflé, il s'avère que c'est un multirécidiviste qui a dégradé le matériel de la commune et qui se permet, en plus, d'insulter le maire. Condamner ce dernier pour une baffe, avec une telle sévérité, alors qu'il n'a fait que réagir en bon père de famille, cela s'appelle de l'idéologie.

A votre avis, la justice avait-telle à intervenir ?

On est dans la judiciarisation de tous les aspects de la société, même les plus banals, et dans l'exagération judiciaire. C'est une dérive, où la justice acquiert un pouvoir sans précédent. Dès que vous critiquez ou insultez quelqu'un, vous êtes susceptible d'être trainé en justice. La justice intervient tous azimuts. Des fois, il y a des gens qui méritent une paire de baffes, et cela leur fait grand bien d'en recevoir une. Cette histoire de maire montre que ce n'est plus possible. La justice, ici, n'avait qu'une chose à faire: dire que cet incident ne la regardait pas. L'enfant n'en est pas mort, et il l'avait bien cherché. Pourtant, son père a été porter plainte, considérant que c'était une atteinte au droits de l'homme. On est dans une sorte de délire droit-de-l'hommiste et populiste qui consacre le règne des médias et des avocats, une dictature bien-pensante et judiciaire. Ces affaires vont se multiplier dans les années à venir.

Depuis l'épisode de la gifle de Bayrou qui l'avait rendu populaire, la société française a-t-elle évolué dans son rapport à l'autorité ?

Lorsque François Bayrou avait flanqué une paire de claques à un gamin qui lui faisait les poches, c'est tout juste si on ne l'a pas traité de fasciste. Le problème de l'autorité consiste à, par moment, taper du poing sur la table, à dire de c'est inadmissible, et aussi, de temps à autres, à donner une paire de baffes. Ce n'est pas de la torture, et dire le contraire constitue du terrorisme intellectuel. D'un autre coté, cela l'avait aussi rendu populaire, car il avait osé ramener un peu de bon sens dans une société qui en fait trop. Les choses s'aggravent, comme le montre la condamnation du maire. C'est l'aboutissement d'une culture qui tend à dire que toute autorité est fasciste. Mais si toute autorité devient suspecte, comment éduquer ?

Par over - Publié dans : Société - Communauté : Vu de droite
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 14:17
Marine Le Pen étant la candidate qui, a priori, pour le camp de la droite de conviction pourrait obtenir la meilleure ou la moins mauvaise note, je me devais de lire attentivement son livre qui est l’expression réfléchie de son projet politique.

J’en ai donc écrit un important commentaire à paraître dans le prochain numéro de la revue Reconquête. J’y analyse sa longue plaidoirie contre le capitalisme libéral et mondialiste qui occupe plus des deux-tiers de son texte. Je dis mon accord sur bien des points. Je manifeste mon étonnement, voire ma stupéfaction, devant certains surprenants jugements historiques et quelques hasardeuses analogies politico-religieuses (Bossuet – Pascal Lamy !).

Inutile de dire que je désapprouve ses stupéfiants encensements de la gauche qui, selon elle, « a mené constamment d’immenses combats de libération » (sic !) et encore « des combats pour la liberté, pour les libertés » et sa curieuse interprétation positive de Marx.

Tout autant, je constate et regrette une véritable « gaullolâtrie » sans restriction ni nuance exprimée à onze reprises, le Général de Gaulle étant quasiment le personnage historique paré par Marine Le Pen de toutes les vertus politiques et de tous les honneurs.

Marine n’a pas cru bon d’assortir cela de la moindre allusion à l’abomination du largage de l’Algérie il y a cinquante ans dans les pires conditions de déshonneur, dans l’horreur de la non-assistance à populations en danger que son héros, que son modèle aurait pu sauver en quelques mots d’ordre de secours. Sans doute pense-t-elle que les Pieds-Noirs et les harkis ne lisent pas.

Ayant lancé bien avant qu’elle n’arrive en politique le slogan « Sortons de cette Europe-là ! », j’approuve bien sûr son hostilité à l’Union Européenne. Mais j’explique pourquoi je ne partage pas du tout son affirmation d’une « Europe qui n’a, selon elle, aucune réalité charnelle, et qui ne suscite aucun attachement ». Or, s’opposer au bidule bruxellois est une chose, refuser toute construction européenne en est une autre. Je crois en effet que plus que jamais les Européens doivent se souvenir de ce qu’ils n’ont échappé à l’islamisation ottomane que parce que l’esprit d’unité avait prévalu, malgré la triste politique des rois de France en la matière.

Ce fut la victoire de Lépante en 1571, à l’appel du grand pape saint Pie V et celle de Vienne en 1683 grâce à Charles de Lorraine et Jean III Sobieski.

Marine Le Pen préfère exalter le modèle de l’alliance de François I° avec Soliman dit le Magnifique qui le conduisit à livrer Toulon au chef barbaresque Barberousse après l’horrible occupation de la ville basse de Nice dont la forteresse résista, ce dernier put ainsi trouver pour lui-même et ses 30 000 mercenaires une bonne place pour piller, violer, massacrer et déporter femmes et enfants vers les harems d’Alger, de Tunis et de Constantinople.

 

 

Ce n’est évidemment pas pour nous une des pages les plus glorieuses de notre histoire, anticipant hélas bien d’autres abandons de populations par nos républiques.

Marine Le Pen consacre fort peu de pages à la politique étrangère qu’elle voudrait mener. Ce serait prioritairement avec la Russie et les puissances arabes. Mais qu’entend-elle au juste par là ?

Sans doute est-ce dans cette volonté qu’elle ne traite pas du tout de la question de l’islam. À peine, en moins de trois lignes, exprime-t-elle que «l’irruption soudaine dans notre paysage de signes prosélytes tels que les mosquées-cathédrales ou les minarets ne sont pas nécessairement souhaitables ».

Certains de mes lecteurs et auditeurs devineront sans mal la ligne des commentaires affligés que je vais formuler sur ces lignes très révélatrices.

Enfin, pour manifester l’importance qu’elle donne à la question de l’école, Marine Le Pen y consacre la troisième et dernière partie de son livre. On sera d’accord avec elle sur les maux dont celles-ci est accablée (effondrement de l’autorité des maîtres, insécurité, aberrations pédagogiques, etc…) et sur certains remèdes qu’elle préconise pour « refonder » l’école de la République qui lui est chère, car elle est le « pivot de la nation ». Selon elle, cette dernière « devrait former des citoyens libres et éclairés ». Phrase qui appelle aussi quelques réflexions que l’on trouvera dans mon commentaire. Parle-t-elle de la liberté du choix de l’école par les parents pour leurs enfants et aussi de l’égalité fiscale pour son financement (chèque scolaire) ? Non !

En résumé, et je crois vraiment en toute objectivité que son livre est un manifeste gaullo-chevènementiste. Jean-Pierre Chevènement a eu donc raison d’abandonner sa candidature. Marine Le Pen, plus jeune, plus combattive et qui ne manque ni de talent ni de culot, représente bien ses idées, souvent proches aussi de celles de Mélenchon.

Donc si sur certains points on la notera sans doute mieux que Bayrou, Hollande ou Sarkozy, sur d’autres ce sera vraiment difficile. Un dernier point : lorsqu’elle évoque l’antiracisme, Marine Le Pen avec raison dénonce SOS Racisme, la LICRA ou le MRAP.

Mais elle ne semble pas savoir que l’AGRIF existe. Ou peut-être est-elle très négligeable à ses yeux, à moins qu’elle n’en apprécie pas l’orientation.

Aussi, lorsqu’elle s’en prend avec raison au concept de « discrimination positive » tel que défendu par Mr Agon de L’Oréal, elle ne fait aucune allusion au procès intenté par l’AGRIF à ce dernier avec Me François Wagner.

Il est vrai, à sa décharge, qu’il ne faut certainement pas compter sur le duo de ses attachés de presse pour l’informer des combats contre le racisme et pour l’identité française et chrétienne.

 

source : http://bernard-antony.blogspot.com/

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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 09:16

Le rapport parlementaire sur le financement des syndicats, présenté par le député Perruchot (Nouveau Centre) et censuré par la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale pour la première fois depuis les débuts de la Ve République, est enfin disponible sur Internet.

Il peut être consulté sur le site : http://www.lepoint.fr/economie/argent-des-syndicats-le-rapport-interdit-16-02-2012-1431943_28.php

Tout avait pourtant été mis en œuvre pour que le contenu en soit tenu secret : et pour cause ! Le rapport dévoile les nombreuses combines qui permettent de financer avec l’argent publique, c’est-à-dire celui des contribuables, les organisations professionnelles salariales et patronales : détachements de permanents syndicaux rémunérés par l’Etat, emplois fictifs, mises à disposition de personnels et de locaux, subventions multiples (par exemple aux Comités d’entreprise), mise en coupe réglée de la formation professionnelle et des organismes sociaux au nom du paritarisme. Le tout au bénéfice des syndicats les moins représentatifs d’Europe puisque 8 % des salariés seulement sont syndiqués – et moins de 6 % dans le secteur privé.

La volonté de l’Etat de fonctionnariser le syndicalisme français apparaît clairement à la lecture du rapport. Les organisations patronales ne sont pas mieux traitées : finalement tous les acteurs du système, Etat, patronat et syndicats, s’entendent sur le dos des Français.

C’est cela qu’il fallait cacher à tout prix à la population ; car comment les politiques et les organismes sociaux oseront-ils désormais reprocher aux médecins et aux malades d’assécher les caisses de la Sécurité sociale ? Comment pourront-ils mettre en place de nouvelles mesures de restriction pour soi-disant « sauver nos retraites » ? Comment les syndicats auront-ils encore le front de prétendre que l’Education nationale manque d’enseignants ?

Les Français leur répondront à tous de commencer par nettoyer les écuries d’Augias, autrement dit de balayer devant leur porte. S’il faut une réforme, commençons par celle du paritarisme. Commençons par instaurer un contrôle indépendant de l’Etat (puisqu’il est complice) sur les organismes de Sécurité sociale, maladie, familles et retraites. Commençons par revoir de fond en comble le fonctionnement de la Formation professionnelle.

Le sujet est si chaud que le président de l’Assemblée nationale, l’UMP Bernard Accoyer, avait menacé d’un an de prison et de 15 000 euros d’amendes quiconque serait assez hardi pour dévoiler le contenu du rapport. L’hebdomadaire Le Point a passé outre l’oukaze et la menace, et fait son métier. Nous allons bien voir si le système osera sévir contre des journalistes coupables d’avoir rempli leur mission en informant les Français de ce que le pouvoir voulait leur cacher à tout prix : l’usage que font de leur argent ceux qui sont supposés les représenter à tous les échelons, politiques et syndicaux.

Quant à M. Accoyer, il faut espérer que les électeurs lui feront très bientôt comprendre qu’ils n’aiment pas être pris pour des veaux.

Pierre Menou

 

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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 09:09

La stratégie référendaire - Les raisons de la conversion populiste de Nicolas Sarkozy

La stratégie référendaire


Les raisons de la conversion populiste de Nicolas Sarkozy



Raoul Fougax
le 18/02/2012


Il fallait une idée forte pour la campagne du Président sortant. L’annonce de sa candidature, au journal de Mme Ferrari, était une mauvaise idée, confirmant la banalité d’un non événement. Certains pensent avoir trouvé mieux: la promesse de rendre la parole au peuple, par l'utilisation du referendum. 
L’analyse de ses conseillers n’est pas fausse. Toute réforme de la Droite, élue légalement, est rendue impossible par l’opposition systématique de deux pouvoirs, qui restent à la Gauche: le pouvoir médiatique et le pouvoir syndical."tout est dit,dans cette phrase!".


Pour un droit à la formation : un résultat à la soviet !
Hors, s'il est vrai que les journalistes ne représentent pas l’opinion publique et que les syndicats, tout en mobilisant dans la rue, restent très minoritaires et objectivement peu représentatifs, le pouvoir de nuisance excessif et l'hostilité aux réformes sont, dans son esprit, élargis aux élites qui veulent imposer leur vue et empêcher le peuple de s’exprimer.
Cette stratégie référendaire est donc astucieuse et l’idée du recours à la démocratie directe, comme en Suisse, plutôt séduisante. Et elle est "clivante". Certains dénoncent une dérive populiste vers une VIème République; d’autres louent le retour à un fondamental gaulliste.
Mais il y a un hic. Chaque fois que le Président aurait pu demander au peuple son avis, il ne l’a pas fait. Chaque fois qu’il a pensé que le peuple pourrait le désavouer, notamment sur la Constitution européenne refusée par referendum et réintroduite par les parlementaires, il a fait le contraire. Comme toujours de ce qu’il préconise. C’est une excellente idée, mais que le Président n’utilisera pas sur tous les sujets. Il consultera le peuple pour débloquer certaines de ses actions.


Un hic, à chaque fois qu'il aurait pu demander son avis... 
Cette fois, admettons qu’il soit convaincu et sincère. Il doit le prouver. Il lui faut, alors, élargir le champ d’application du referendum et partager son initiative avec les citoyens. Il doit y avoir des « votations d’initiative populaire » . Non seulement on doit rendre la parole au peuple mais, surtout, on doit lui donner les moyens de la prendre lui–même. Mais on peut déjà être assuré que des referendums spontanés sur de grands sujets de société (peine  de mort- criminels récidivistes, immigration etc) seront proscrits. Le referendum sera verrouillé. 


...au peuple, il ne l'a pas fait !
D’autant plus qu’il faut éviter que chaque question ne se transforme en plébiscite. Sinon, chaque fois le président mettrait sa légitimité en jeu et devrait en cas de réponse négative, se démettre, comme le fit le général en 1969.
Si elle est sincère, cette stratégie référendaire est très risquée. On peut donc estimer qu’il s agit d’un coup électoral pour se rallier une partie du "vrai peuple" contre les "fausses élites". Cela peut marcher, en partie ,avec l’objectif de séduire les « abandonnés », tentés par le vote Bayrou-Mélenchon-Le Pen. 

Ceux qui ont conseillé cette idée forte au Président ont trouvé, c’est évident, un angle d’attaque nouveau et efficace; si le Président candidat réussit à rendre crédible sa volonté de faire, demain, comme sur tous les autres sujets, ce qu’il n’a pas fait hier. Sinon, cette belle idée finira dans les poubelles des promesses auxquelles plus personne ne croit. C’est son futur le plus probable.
Quant à François Hollande disant que "le vrai reférendum sera l’élection présidentielle", il dit une énormité constitutionnelle. Car, en guise de referendum, il veut plutôt transformer l’élection en plébiscite contre le Président sortant. Or, on ne peut pas vouloir défendre la légalité républicaine et tout mélanger au niveau des légitimités de scrutin. Entre leurre référendaire et piège plébiscitaire, l’élection présidentielle a bien du mal à trouver ses marques, malgré l’entrée en lice du chef de l’Etat.
Par over - Publié dans : magazine,tribune libre - Communauté : Vu de droite
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 08:50
« Le 21 décembre 2007, le Roi du Maroc installait le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Parmi les missions qu’il assigne à ses membres, figure celle d’œuvrer à “l’essor de leur mère patrie, au renforcement de son rayonnement international”. Quoi de plus naturel pour des citoyens marocains, me direz-vous ? Bien sûr, sauf que parmi les membres de ce conseil figurent des personnalités très actives au sein de structure nationales françaises à caractère politique. Je vous laisse juges :

 


- Najat Belkacem, membre du cabinet du maire de Lyon et porte-parole de la candidate Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles (…) »

Rachida Dati

« Laissons la parole à Rachida Dati : “Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club XXIe siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française” ; “Mon rapport avec le Maroc est constant et permanent (…) Je suis toujours allée au Maroc en disant “on est votre première vitrine”. Peut-être considèrent-ils qu’on n’est pas assez malléables. C’est dommage, ils [les pouvoirs politiques marocains, NDLA] se privent d’une vraie représentation” ; “Moi, je donne pour le Maroc, j’aimerais aussi un peu de retour. J’ai toujours entendu dire au  plus haut niveau de l’État [marocain, NDLA] qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays”. »

Ramatoulaye Yade

Au sujet de Rama Yade, qui fait désormais partie de l’entourage de Jean-Louis Borloo :
« À la question “Et vous servez la France plutôt que le Sénégal. Vous sentez-vous plus Française que Sénégalaise ou vice-versa ?”, Rama Yade ne répond pas qu’elle est Française, et qu’en tant que Secrétaire d’État, elle sert la France ; voici sa réponse :
“Je me sens moi-même et puis c’est tout. Je suis fidèle à moi-même. Je vais là où le vent m’emporte. Le reste, ce ne sont que des mots.”
À la question “Pensez-vous un jour pouvoir servir le Sénégal ?”, la Secrétaire d’État de la République française répond :
“Si le président Wade m’appelle parmi les jeunes talents qui l’entourent, pourquoi pas ?” »

 

Abderrahmane Dahmane

Je vous avais également évoqué une nomination par le Président de la République, au sein même de l’Élysée, donc au cœur de l’État, nomination qui avait d’ailleurs, je le sais, choqué bien des conseillers dans des institutions, ministères et y compris à l’Élysée. Il s’agissait de la fonction de conseiller à l’intégration, attribuée à Abderrahmane Dahmane, cofondateur et vice-président du Conseil supérieur représentatif des musulmans de France et soutien à la campagne du président Bouteflika.

 

Pouvez-vous imaginer un seul instant le Général de Gaulle mettre le pied à l’étrier à des personnes disant œuvrer, ou souhaitant le faire, aux intérêts de pays étrangers, et leur permettre d’accéder à des postes de responsabilité politique dans notre pays ainsi qu’à des informations parfois stratégiques ? Il appartient aux citoyens de relayer ces informations et surtout de mettre la pression, ne serait-ce qu’au travers de la Toile, sur les hommes et femmes politiques qui se permettent de telles légèretés et de tels actes d’irresponsabilité. Sur ce sujet, les premiers responsables et coupables ne sont pas les Dati, Yade, Dahmane ou Vallaud-Belkacem, qui ne font que tirer parti d’une situation qui leur est offerte, mais bien, entre autres, les Nicolas Sarkozy ou François Hollande qui leur offrent la possibilité de le faire. Ces derniers ont l’urgente obligation morale de réagir, et surtout d’agir.

 

Extrait du Puzzle de l’intégration (avril 2007) :

« Considérons-nous qu’il est indispensable, pour préserver l’indépendance de décision politique, et aussi pour la défense de l’intérêt général, que tous ceux qui appartiennent au premier cercle des conseillers de nos femmes et hommes politiques soient entièrement guidés par l’intérêt de tous les Français, sans aucune préférence liée à leur origine ethnique ou raciale ? C’est une question que j’estime essentielle et sur laquelle il nous faut statuer, car elle se pose déjà et se posera de plus en plus avec le temps. Pour ma part, je ne trouve pas très sain que des proches conseillers du pouvoir politique de notre pays, la France, s’affirment et se reconnaissent comme “une représentation” ou “la première vitrine” d’un pays étranger quel qu’il soit.

La question des conseillers qui entourent nos décideurs politiques doit nous amener à méditer sur notre degré d’attachement à l’indépendance de décision de la France, que ce soit dans sa politique intérieure ou dans sa politique étrangère, politiques qui au demeurant sont parfois fortement imbriquées. Cette question aurait été la même si elle avait impliqué d’autres pays, et même des partenaires proches. Ainsi, le peuple français est très réticent à ce que ses gouvernants puissent présenter des signes d’allégeance trop marquée aux États-Unis d’Amérique. L’histoire de la dernière guerre d’Irak a montré combien le refus de nos dirigeants de s’aligner systématiquement et inconditionnellement sur les décisions d’autres pays, fussent-ils parmi nos plus importants alliés, était la voie qu’il fallait continuer de privilégier. C’est cette fidélité à son idéal d’indépendance de décision qui a permis à la France de se tenir à l’écart d’une guerre que le peuple américain regrette aujourd’hui amèrement. Cette sagesse politique de la France participe de la grandeur de notre pays. Dans une époque de grandes tensions géopolitiques, nos alliés historiques ont plus besoin d’une France forte que d’un vassal ou d’une amitié teintée de servitude (…)  »

Source : Malika Sorel

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