ECONOMIE

Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 07:40
Un premier fusible vient de sauter chez JP Morgan : Ina Drew vient d’être remplacée. Pas question de galanterie dans ce milieu de la haute Finance. Ina Drew, directrice des investissements de JPMorgan, trente ans de loyaux services à la Firme, est sacrifiée pour sauver (probablement momentanément) la peau du fringuant PDG Jamie Dimo. Pas d’informations particulières sur ses émoluments de départ. Gageons qu’ils seront très corrects.

Il faut en effet faire diversion rapidement. Il y a quelques semaines seulement, Jamie Dimon vantait sa gestion des risques et se moquait de ceux qui incriminaient les positions spéculatives prises par sa banque sur les indices de CDS à Londres.

C’est Ina Drew qui, pour l’instant, paie pour la perte de plus de 2 milliards de dollars de la Firme des Rockefeller. Dans le même temps, on veut faire sérieux ! On rappelle alors Mike Cavanagh, ancien directeur financier de JPMorgan. Sa mission : réparer les dégâts, mettre en œuvre le pare-feu de la banque. Il doit préparer la contre-offensive contre les requins qui veulent la peau de JP Morgan. [Lire les prochains numéros de LIESI.]

Les politiciens qui doivent penser de temps en temps aux contribuables qui votent pour eux, s’inquiètent des accidents à répétition qu’une presse malléable tend désormais à mettre de plus en plus en avant. Comme si flottait dans l’air une certaine opération main propre sur les banques, car il va être beaucoup demandé, beaucoup plus aux contribuables ! En échange, il faut nettoyer les écuries d’Augias. Pour le sénateur démocrate Carl Levin, coauteur de la règle Volcker : «Cette perte énorme est juste la dernière preuve en date que les couvertures, comme les banques les appellent, sont souvent des paris risqués que les institutions trop grosses pour faire faillite n’ont pas à prendre». D’aucuns rêvent déjà d’une séparation entre banques de détail et ces très grosses banques qui ne peuvent pas faire faillite, mais c’est encore trop tôt. N’oublions pas que le cartel de Wall Street est parvenu, en 1999, à casser cette règle de séparation des activités bancaires après 66 années de lutte acharnée contre le système politique. Il ne va pas lâcher la partie si facilement. Certes… mais ce qui est en face est une autre affaire !

Si le balancier tourne comme nous le pensons, nous aurons dans un temps prochain des dégradations spectaculaires de banques d’affaires américaines par les agences de notation. Cela fait partie du «jeu». Le mois prochain, l’agence Moody’s doit dévoiler ses nouvelles notes pour les grandes banques d’affaires de Wall Street. La mésaventure de JP Morgan tombe bien mal ou tombe à pic selon les acteurs en place ! 

«Moody’s a placé à A2 son plafond de note pour les établissements ayant de grandes activités de marché, estime Prateek Datta, analyste crédit chez RBS. «Cet incident affaiblit sérieusement les arguments des banques, et il est désormais plus probable que l’agence mette entièrement à exécution sa menace de dégradation».

Le dernier numéro de LIESI a été posté hier matin. Voir le sommaire de ce numéro.

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 15:33

Panique générale?                                                      

 

      RETRAITS MASSIFS DANS LES BANQUES GRECQUES

ATHENES (Reuters) - Les Grecs ont procédé à des retraits massifs sur leurs comptes en banque face à l'incertitude politique et économique.

Les autorités n'évoquent pas de panique bancaire à ce stade, mais elles reconnaissent un sentiment de "peur qui pourrait évoluer en panique".

D'après la transcription des discussions que le président Karolos Papoulias a eues mardi avec les chefs de file des partis politiques grecs, 700 millions d'euros au moins ont été retirés aux guichets pour la seule journée précédente, lundi.

"M. (George) Provopoulos (gouverneur de la banque centrale grecque-NDLR) m'a dit qu'il ne s'agissait pas de panique, mais d'une grande peur qui pourrait évoluer en panique", a dit le président grec à ses interlocuteurs.

"Les retraits et les sorties à 16h00, lorsque je l'ai appelé, excédaient les 600 millions d'euros et atteignaient les 700 millions d'euros. Il s'attend à des sorties totales de l'ordre de 800 millions d'euros", a ajouté le président grec.

Les retraits se sont poursuivis au même rythme mardi, et ont dans l'ensemble confirmé les estimations données par le président, selon des sources provenant de deux banques grecques.

Une telle quantité de retraits en deux jours est inhabituelle, même si cela fait plusieurs années que les Grecs retirent d'importantes sommes de leurs banques.

Un cadre du secteur bancaire a cependant précisé qu'il n'y a pas eu de signes d'une panique équivalente à celle qui avait éclaté en avril 2010. Huit milliards d'euros avaient été retirés, juste avant le premier plan de sauvetage de la Grèce.

Selon des chiffres de la banque centrale, les dépôts des entreprises et des ménages grecs atteignaient 165 milliards d'euros fin mars.

Quelque 72 milliards d'euros ont été retirés depuis janvier 2010, ce que les analystes expliquent à la fois par une fuite des capitaux et par le fait que les Grecs confrontés à la crise ont dû entamer leurs économies.

Les élections législatives du 6 mai n'ont pas permis de faire émerger une majorité stable et Karolos Papoulias, qui n'a pu convaincre les partis de former un gouvernement de coalition, a été contraint d'en appeler à de nouvelles élections législatives qui doivent avoir lieu le 17 juin.

De nombreux Grecs redoutent désormais que leur pays soit contraint de quitter la zone euro, et craignent dans un tel scénario une dévaluation rapide d'une nouvelle drachme.

Harry Papachristou, Ingrid Melander et Karolina Tagaris, Henri-Pierre André et Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 15:21

L'impasse grecque, où les différents partis ne parviennent pas à former de coalition de gouvernement, alimente à nouveau la défiance des investisseurs sur le Crédit Agricole, pénalisé par sa filiale Emporiki.

En bourse
AFP
AFP

Le véhicule coté du Crédit Agricole n'en finit plus d'enfoncer de nouveaux plus bas. Mardi 15 mai, l'action Crédit Agricole SA se rapproche du seuil de 3 euros, avec un plus bas à 3,03 euros, CASA étant la plus exposée des banques françaises à la Grèce en raison de sa filiale Emporiki.

Les partis politiques grecs ne sont pas parvenus à former un gouvernement de coalition après les élections législatives du 6 mai et un nouveau scrutin sera organisé.

Au final, le titre chute de 6,97% à 3,043 euros, de plus en plus loin de son cours son introduction en Bourse fin 2001 (16,60 euros). Elle sous-performe nettement l'indice bancaire européen en baisse de 2,1%. Déjà bien malmenée depuis le début de l'année, elle creuse donc encore son retard sur la moyenne du secteur.

« C'est clairement la banque française la plus exposée à la Grèce à cause de son activité locale », souligne Romain Burnand, gérant chez Moneta Asset management, cité par Reuters. « Ils savent que c'est un problème pour eux. Ils ont réussi à légèrement le réduire mais cela reste pourtant un problème de plusieurs milliards d'euros. »

Le titre reste largement tributaire de la situation tant économique que politique en Grèce et fluctue au gré de l'actualité dans le pays. Selon des données de Reuters, l'indice de corrélation de l'action Crédit Agricole à la Bourse d'Athènes est de 0,88 contre 0,69 pour BNP Paribas, 0,62 pour la Société Générale et 0,81 pour l'indice bancaire européen.

A son cours actuel, le Crédit Agricole n'est valorisé qu'à 0,2 fois la valeur de ses fonds propres comptables, soit des valorisations similaires à celles de Banco Popolare en Italie ou de Royal Bank of Scotland en Grande-Bretagne.

Le Crédit Agricole, dont les comptes du premier trimestre ont été une nouvelle fois plombés par la Grèce et par les charges de restructuration, s'est dit prêt vendredi à tous les scénarios grecs.

La banque réunit ses actionnaires mardi 22 mai pour son assemblée générale annuelle.

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 14:45
Drachme

Drachme

L’Etat Français pourrait payer 50 milliards €, si la Grèce sortait de l’euro pour retrouver sa monnaie nationale (la drachme), selon François Baroin, ancien ministre de l’économie. Pour Eric Dor, directeur de la recherche à l’IESEG school of management (université catholique de Lille), le coût s’élève à 66,4 milliards €. Le coût pour l’Allemagne serait encore plus élevé.

Pour les banques Françaises, Eric Dor estime que la facture pourrait s’élevé à 20 milliards € si la drachme subissait une dévaluation de 50%.

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 14:43

L’élection française à la présidence de la République a exacerbé les prises de position relatives aux plans d’austérité à mettre en place pour tenter d’éponger sinon d’éliminer les dettes souveraines de chacun des pays membres de l'Union européenne. La pierre d’achoppement est tout simplement, si l’on peut dire, s’il faut ou non accompagner les programmes d’austérité d’un pacte de croissance. Pour faire simple, doit-on financer la croissance par le déficit budgétaire ou se limiter à réduire les dépenses publiques et augmenter les impôts ? Nombreux sont les experts qui se sont prononcés pour l’une ou l’autre orientation. Nous présentons ici à nos lecteurs un avis, parmi d’autres, émanant d’un économiste de grande renommée, le prix Nobel Joseph Stiglitz.

Polémia

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Pour Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel d'économie, l'Europe se trouve dans une situation « désastreuse » : mettre l’accent sur l’austérité c’est pousser le continent au « suicide ».

« Il n'y a jamais eu de programme d'austérité qui ait réussi dans quelque pays que ce soit », a dit Stiglitz, 69 ans, à Vienne jeudi. « L'approche européenne est sans aucun doute la moins opportune. Je crois que l'Europe va directement au suicide. »

Les hommes politiques des 27 pays membres de l’Union européenne mettent en œuvre des mesures d'austérité se montant à environ 450 milliards d'euros ($600 milliards) en pleine crise de dette souveraine. En même temps, la dette de la zone euro a atteint l'année dernière son record depuis le début de la monnaie unique, à mesure que les gouvernements augmentaient leurs emprunts pour combler leurs déficits budgétaires et financer les renflouements des nations membres.

D’après Stiglitz, si la Grèce était le seul pays d’Europe à connaître l'austérité, les autorités pourraient ne pas y prêter attention, « mais si l’austérité s’installe au Royaume-Uni, à la France, à tous ces pays, vous savez, qui sont dans cette situation, c’est comme une austérité collective et les conséquences économiques vont être désastreuses. »

Tandis que les dirigeants de la zone euro « se rendaient compte que l'austérité seule ne suffira pas et qu’il nous faut de la croissance », aucune action n'a suivi et « ce qu'ils ont consenti à faire en décembre dernier c’est une recette pour s’assurer qu’il meure » a-t-il dit en parlant de l'euro. « Le problème, c’est qu'avec l'euro, vous avez séparé le gouvernement de la banque centrale et des planches à billets et vous avez créé un gros problème », a poursuivi Stiglitz, ajoutant que « l'austérité conjuguée aux contraintes de l'euro est une combinaison mortelle. »

L'économiste a déclaré qu'il voyait une zone euro principale composée « d'un ou deux pays », l'Allemagne et peut-être les Pays-Bas ou la Finlande, comme « scénario probable si l'Europe maintient sa méthode d'austérité ». « Cette solution de l'austérité mènera à de hauts niveaux de chômage qui seront politiquement inacceptables et qui ne feront qu’aggraver les déficits. »

Le chômage des jeunes en Espagne a atteint 50% depuis le début de la crise en 2008, sans « le moindre espoir de voir les choses s'améliorer dans un avenir proche », a dit Stiglitz, qui est professeur d’économie à l'Université de Columbia. « Ce que vous êtes en train de faire, c’est de détruire le capital humain, vous vous aliénez les jeunes. » Pour obtenir de la croissance, les dirigeants européens pourraient concentrer à nouveau leurs dépenses publiques en « tirant pleinement partie » des institutions comme la Banque européenne d'investissements, en introduisant des taxes pour améliorer la performance économique et en utilisant des multiplicateurs de budget équilibrés, a-t-il dit.

Zoe Schneeweiss
28/04/2012
Bloomberg
World News Daily
Information clearing House
http://www.informationclearinghouse.info/article31198.htm

Traduction de l’anglais (américain) : RS

Correspondance Polémia – 14/05/2012

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