Ce week-end, Arnaud Montebourg, le bouillonnant ministre chargé du Redressement productif, a fixé le cap : «
Nous encaisserons certainement des échecs, mais il faut tout tenter.
La concertation, une priorité
Bref, l’interventionnisme de l’Etat dans l’industrie est de retour. Avec des mesures chocs : encadrement des licenciements, obligation de céder un site rentable plutot que de le fermer, pénalités
financières contre les mauvais élèves… Voilà pour la volonté politique. Pour la méthode, en revanche, c’est « priorité absolue à la concertation », annonce un proche de l’Elysée. Pas question de
décider seul contre tous. Des contacts ont d’ailleurs été établis, hier, avec les partenaires sociaux (Medef, CGPME, CGT…). Si la feuille de route est tracée, le gouvernement aura-t-il la
possibilité de laisser du temps au temps? Pas sûr. Car la vague des plans sociaux se rapproche dangereusement. Selon les syndicats, plusieurs milliers d’emplois sont menacés. Et encore, il ne
s’agit que des grands groupes! La déferlante pourrait emporter avec elle nombre de PME dépendant des géants industriels.
« La situation est moins grave qu’on ne le dit, il n’y a pas de tsunami social en vue », tempère un proche de François Hollande. En résumé, il ne faut pas céder à la panique et se tenir au
calendrier fixé avec les partenaires sociaux… Malgré les soubresauts de l’actualité et les nombreux drames humains qui se jouent derrière. Une stratégie mise à rude épreuve hier avec la rumeur
d’un plan social record chez Air France — démenti par la compagnie — et la multiplication des suppressions d’emplois ces dernières semaines. Pour le gouvernement, le compte à rebours social a
démarré…
Les pertes pour l’État français ne sont donc pas uniquement dues aux prêts bilatéraux consentis à la Grèce qui ne seront pas remboursés ou bien aux obligations souveraines grecques
détenues par l’Eurosystème ou le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), mais aussi au système TARGET 2.
Derrière l’acronyme barbare TARGET (Trans-european Automated Real-time Gross settlement Express Transfer system) se cache un système de paiement qui reflète les flux financiers au sein de la zone
euro. Pour essayer de faire simple, le Captain’ va reprendre un exemple expliqué par le FT Alphaville (source ici).
Si la Grèce venait à sortir de la zone euro en faisant défaut sur ses dettes libellées en euros, l’économiste Éric Dor estime que les pertes totales pour l’État français s’élèveraient à
66,4 milliards d’euros, dont 22,7 milliards liées à la dette TARGET 2 de la Banque de Grèce !
Supposons donc qu’une banque commerciale grecque, par exemple Emporiki, dispose de 100 euros de réserve à la Banque Centrale de Grèce, et qu’il en est de même une banque commerciale allemande,
par exemple Commerzbank (100 euros en réserve à la Banque Centrale Allemande, la Bundesbank). Ces réserves sont financées par des « repos », c’est à dire pour faire simple que la Banque
Centrale prête de l’argent aux banques commerciales en demandant des actifs en collatéral (=en garantie).
Si l’on regarde donc l’actif et le passif de la Banque Centrale Grecque et de la Bundesbank, la position initiale est donc:
Pour une raison ou une autre (par exemple pour mettre son argent bien au chaud en Allemagne), un ménage grec décide de retirer l’argent de sa banque et de le placer dans une banque allemande.
Cela entraine donc une baisse des réserves au niveau de la Banque Centrale de Grèce, et une hausse des réserves au niveau de la Bundesbank. Comme le bilan doit être équilibré, on voit donc
l’apparition au passif de la Banque Centrale de Grèce d’une dette nommée « Target2″, qui se retrouve à l’actif de la Bundesbank (étape 2 sur le schéma).
Mais le transfert de fond du ménage grec n’a pas changé le niveau des réserves obligatoires des banques commerciales, qui doivent à la fin toujours être égales à 100 (car l’effet marginal de la
hausse ou de la baisse des dépôts sur le niveau des réserves est quasi nul). Pour faire cela, Emporiki doit donc augmenter son passif en se refinançant auprès de la Banque Centrale de Grèce et
doit pour cela apporter davantage de garanties (= collatéral).
A l’inverse, Commerzbank n’a plus besoin du financement de la Bundesbank et récupère donc ses « collaterals ». La Banque Centrale de Grèce ne doit donc pas de l’argent directement
à la Bundesbank, mais via le système TARGET 2 de l’ECB (European Central Bank). Pour infos « IOU » = « I owe you » = « Je te dois ».
Ouf, voilà donc pour la théorie. Qu’en est t-il dans les faits? Actuellement, la Bundesbank « finance » via TARGET 2 la grande majorité des autres banques centrales nationales. Le
graphique ci-dessous montre la position actuelle des banques centrales nationales avec l’Eurosystème.
Sur ce graphique, on voit donc que la Grèce à une balance négative d’environ 100 milliards d’euros à l’Eurosystème via TARGET 2, tandis que l’Allemagne à une balance positive proche de 600 mds.
Si l’on s’intéresse plus précisément à la balance de la Banque Centrale de Grèce avec l’Eurosystème, en se basant sur les statistiques officielles disponibles sur le site de la Bank of Greece, on
retrouve bien ce chiffre de 103,7 mds d’euros en mars 2012 (source: Aggregated balance sheets of monetary financial institutions (MFIs) – Bank of Greece).
Mais si l’on regarde le graphique précédent, la France a une balance TARGET 2 négative, ce qui signifie que la Banque de France ne « finance » pas la Banque Centrale de Grèce. Alors
pourquoi la France subirait-elle des pertes en cas de défaut grec via TARGET 2. Car la Banque Centrale de Grèce ne doit pas de l’argent à la Bundesbank, mais à l’Eurosystème. En cas de défaut
d’un pays, chacun des membres de l’Eurosystème doit encaisser une perte égale à sa part dans l’Eurosystème, peu importe la position de sa balance vis-à-vis de l’Eurosystème. Le graphique
ci-dessous montre la participation de chaque pays à l’Eurosystème (20,32% pour la France).
Si la Grèce venait donc à quitter l’euro, les pertes pour la France pourrait donc s’élever via TARGET 2 à 103 mds * 20,32 % = 21 mds d’euros. En prenant en compte le fait que si la Grèce quittait
la zone, la participation de la Banque de Grèce à l’Eurosystème (actuellement 2,50%) deviendrait nulle, la participation de la France passe alors à 20,91%, ce qui entraînerait donc une perte via
TARGET 2 de 103 mds * 20,91% = 21,5 mds d’euros.
Le chiffre du Captain’ est relativement proche de celui de Éric Dor (22,7 mds), la petite différence pouvant être due aux données utilisées (mars 2012 pour le Captain’).
Conclusion: (1) Une sortie de l’euro de la Grèce, qui semble de plus en plus probable, entrainerait des pertes importantes pour tous les pays de la zone via TARGET2. (2) Les
actifs apportés en garantie ne sont pas illimités, ce qui pourrait poser des problèmes aux banques commerciales dans leurs opérations de refinancement (futur « collateral
crunch »).
Vous achetez sur Amazon,Ebay et d'autres sites délocalisés, et bien vous contribuez à l'appauvrissement de notre pays,tout cela pour soi-disant gagner du temps et de l'argent!Bravo,vos
petits-enfants,arrières petits-enfants vous remercieront!
Tout simplement parce que ceux qui nous gouvernent nous imposent encore une fois, une concurrence déloyale...
Amazon, Ebay, ou Google ne déclarent pas leurs résultats en France, et ne sont donc pas imposés fiscalement comme le sont les entreprises françaises, à 33 % d'impôt sur les sociétés !!!
C'est l'un des secrets les moins bien gardés du Net. Les leaders du commerce en ligne se jouent des réglementations fiscales et déclarent à Bercy des résultats miséreux.
Google réalise en France un chiffre d'affaires de 800 millions d'euros mais le fisc n'en retrouverait que 40 malheureux millions sur ses déclarations de TVA... Amazon vend pour 930 millions
d'euros de marchandises aux habitants de l'Hexagone mais parvient à en dissimuler l'essentiel (97% !)... eBay aurait acquitté 33 euros d'impôt sur les sociétés en 2008 et Amazon rien du tout.
La Banque centrale européenne a cessé de fournir des liquidités à certains établissements du pays. Ces banques déjà sous capitalisées ne peuvent donc plus accéder au dispositif classique de
financement bancaire.
Encore un signe de la fragilité des banques hellènes : certaines d’entre elles ont atteint les limites du financement bancaire européen. Elles sont sous-capitalisées, et la BCE se montre
intangible. En cause : les retraits
massifs de capitaux par les épargnants grecs. Retraits qui ne sont pas compensés par des apports d’espèces.
Faute de dépôts donc, les banques n'ont plus rien à apporter en garantie à la Banque centrale européenne pour obtenir des liquidités en échange. Or la BCE ne prête jamais sans ces
contreparties, c’est écrit dans ses statuts. La Banque centrale a donc cessé de financer ces établissements. Ce faisant, elle les place dans une situation extrême.
Leur ultime recours aujourd’hui est l’assistance d'urgence à la liquidité. C’est-à-dire qu’elles sont financées directement par la Banque centrale nationale grecque qui leur accorde des
prêts d’urgence. Ces établissements sortent donc totalement du circuit bancaire classique européen.
La BCE appelle Athènes à se mettre en ordre de marche
Alors ici, le message est clair : la Banque centrale européenne acceptera que les banques grecques reviennent dans le circuit qu'une fois recapitalisées. Une manière d'appeler Athènes à se
mettre en ordre de marche pour éviter une sortie de l'euro.
Cette éventualité est de plus en plus prise au sérieux par l’institution : pour la première fois vendredi, un commissaire européen a indiqué à la presse que la BCE étudiait un plan
d’urgence pour s’y préparer.
les livres d'Hervé Ryssen sont arrivés : prix unique 26,00
euros
…
Des images contre l'avortement
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